Les Promesses de l'âge

Perla Servan-Schreiber

Le sous-titre est direct : « A 75 ans, ma nouvelle liberté. » Contrairement à d'autres, Perla Servan-Schreiber n'a pas peur des mots « vieille » ou « vieillesse », et les assume avec force. Elle qui fut longtemps le modèle même de la Parisienne éblouissante sur tous les plans, belle, active, chic, réussissant sa carrière comme son mariage, la voilà qui décide de s'inventer une nouvelle vie, très différente : celle d'une « vieille joyeuse » ! Belle toujours, certes, mais à présent davantage par la lumière intérieure qui l'habite – tout un chapitre est consacré au cours de spiritualité laïque auquel elle participe avec Abdenour Bidar et Inès Weber. Et si Perla nous dit tous ses secrets de beauté, ses « rituels » personnels, ses jeûnes, massages et exercices physiques, c'est plus par souci de transparence, comme si elle désirait être polie par la vie comme un coquillage par la mer. L'âge accentue tous les traits, y compris de caractère. Il devient plus crucial que jamais de cultiver la joie de vivre. « Accepter ce qui est et rire de soi, dit-elle, tel est le kit de survie des vieux. » Un kit auquel elle ajoute aussitôt : « La cuisine (sa passion), l'allure et le fait de continuer à aimer. » Une formidable leçon de vie et d'amour pour nous tous. Lire la suite

240 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 135x185

Patrice van Eersel : Vieillir ne vous fait pas peur ?#xA;#xA;Perla Servan-Schreiber : Au contraire. Je vais au-devant de la vieillesse comme d'une amie. C'est bizarre, mais vrai. Et si je pleure, c'est de rire ! S'alléger est jubilatoire. L'âge me rendrait-il plus libre ? Il semble que oui. Chaque jour, j'observe que je cède à des renoncements libérateurs. Cela ressemble à un oxymore, mais pour moi c'est plutôt un pléonasme : un renoncement accepté est toujours libérateur. Attention, c'est tout l'inverse d'une résignation.#xA; #xA;Patrice van Eersel : Cela n'est pas facile pour autant. A quoi faut-il surtout prendre garde en vieillissant ?#xA;#xA;Perla Servan-Schreiber : A cultiver le lien social. L'isolement est un vrai danger – à ne pas confondre avec la solitude et le silence que j'apprécie de plus en plus. Quand l'activité principale se termine, que l'on prend sa retraite, rester en relation ne va pas de soi. Il faut donc tisser de nouveaux liens. Or, cela n'a de chance d'advenir que si l'on est au mieux de son énergie, de sa forme. Demeurer en relation – notamment avec des jeunes, dans l'idée de transmettre – n'est pas pensable si on se laisse aller. Prendre soin de soi, discipliner son allure, sa tenue, ses apparences, loin d'être une vanité, trouve un sens nouveau : il faut rester avenant et se réinventer pour rester en lien avec les autres, et donc vivant. Nous sommes les pionniers d'un temps nouveau : jamais la longévité humaine n'avait permis à des millions de femmes et d'hommes de vivre aussi longtemps. Après avoir gagné ma place de femme libre et choisi ma vie (…), il me faut à présent engager cette bataille : inventer ma vieillesse.#xA; #xA;Patrice van Eersel : Vous écrivez qu'arrêter le magazine CLÉS, l'enfant de Nouvelles Clés, fut pour vous une libération…#xA;#xA;Perla Servan-Schreiber : Avec Jean-Louis, l'homme de ma vie, nous avons eu la chance de pouvoir mener plusieurs entreprises de presse exaltantes pendant plus de trente ans. CLÉS fut la derni

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