Trouver la sérénité en cheminant  

le rôle guérisseur et apaisant de la nature originelle

Des flots considérables d’inspiration

Comment ont fait nos ancêtres pour vivre pendant des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers– et même des millions – d’années, sans les innombrables technologies dont nos existences sont truffées ? La réponse peut paraître simpliste, elle est néanmoins évidente de clarté : ils vivaient dans la nature. D’elle, ils tiraient des flots considérables d’inspiration et de sérénité. Au sujet des humains du paléolithique, notre vulgate moderne véhicule l’image de sauvages effrayés par des forces naturelles incompréhensibles. Quelle erreur ! C’est plutôt nous qui, enfermés dans nos villes et coupés de la nature, projetons toutes sortes de peurs sur cette absence et ce lointain passé. Les peintures de Lascaux et de Chauvet vous paraissent-elles émaner de sauvages effrayés ? Bien contraire ! Quelle finesse ! Quel humour ! – qui nous font penser aux rires omniprésents des Inuits filmés jadis par Flaherty dans Nanouk l’Esquimau, ou des Jarawas filmés plus récemment par Alexandre Dereims dans Nous sommes l’humanité. Mais voilà : comme nous ne rions plus beaucoup et que nos activités fébriles commencent à sérieusement détruire la nature autour de nous, nous prenons conscience du trésor considérable que nous risquons de perdre – à commencer par le rôle guérisseur et apaisant de la nature originelle. Cette nature, nous pouvons la trouver hors de nous, mais aussi tout au fond de nous, car elle est la vie même ! Aussi n’est-ce pas un hasard si, arrivés au bord du gouffre, nous sommes des foules qui nous remettons à méditer, dans le meilleur des cas en cheminant à travers la grande nature.

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