Votre vulnérabilité secrète peut devenir un atout 

nos blessures d’enfance

Sauf exception, nos blessures d’enfance ne nous ont pas rendus inaptes à la vie. Et si elles se rouvrent parfois, souvent sans que nous n’y comprenions grand chose, nous réussissons tant bien que mal à les cicatriser et à poursuivre notre route. C’est d’ailleurs ainsi, de cicatrisation en cicatrisation, que s’est construit notre ego, ce lutteur coriace égoïste de tous les instants sans lequel nous n’existerions pas en tant que personne individualisée. Nous devons donc une fière chandelle à notre ego – il nous a permis de nous imposer dans le grand théâtre de la société humaine. Mais si les sages nous invitent tous à ne pas nous laisser nous gouverner par lui, c’est que sa structure profonde est avant tout destinée à une lutte pour la survie et que cela le rend très somnambulique, fermé à l’altérité, et donc étanche aux merveilles du dépassement de soi. Quand l’ego nous commande, il est très difficile, pour ne pas dire impossible d’évoluer en profondeur, de changer de niveau, de nous ouvrir à de nouveaux mondes. Or, plus nous sommes blessés, plus la cuirasse de l’ego s’épaissit et plus nous nous rigidifions. Nous pourrons toujours clamer : « Je veux m’ouvrir ! Je veux évoluer ! Je veux changer ! », ces paroles, prononcées en fait par notre ego, seront un blabla gratuit et creux. Mais nous n’y voyons que du feu, persuadés qu’en effet, nous sommes de bonne volonté et désirons évoluer, nous ouvrir, changer. C’est que l’ego, initialement destiné à protéger l’enfant en nous (le pauvre chat échaudé qui craint l’eau froide !), est un rusé qui sait parfaitement faire passer des vessies pour des lanternes. C’est alors que survient un paradoxe passionnant. Suivez le raisonnement : voilà que nous est infligée une nouvelle blessure, un choc de plus, un trauma, une dépression, une crise. Pendant un moment, pas forcément long mais intense, tous nos repères se brouillent. Notre système de protection est pris en défaut. L’ego panique. Et nous pouvons alors, avec un peu de chance, voir clair dans son jeu. Et, profitant de l’occasion, l’opportunité s’offre à nous d’évoluer, de bouger, de changer vraiment. Pour peu que nous soyons en psychothérapie avec un accompagnant compassionnel, la crise s’avèrera finalement bénéfique ! Et les « cuirasses » qui camouflaient depuis des années notre vulnérabilité secrète, pourront se fendre, sinon se désagréger complètement. Autrement dit ? Vive les crises !

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