Avançons vers notre accomplissement 

Savoir dire oui à son âge en riant

Au fond, qui suis-je ? Qui êtes-vous ? Qui sommes-nous ? Cette question fascinante hante l’humanité depuis toujours. D’une certaine façon, c’est même peut-être LA question qui nous définit en tant qu’humain et nous différencie de nos ancêtres et cousins animaux qui, eux, ne se la posent sans doute pas. Si les plus grands esprits ont tenté d’y répondre au fil des millénaires et des civilisations, chacun de nous, vous, moi, tout le monde, est en droit de se la poser de manière pleine et entière, avec autant de légitimité que les savants, sages et philosophes les plus érudits. Car rien ne remplace le vécu subjectif d’une personne singulière, même si celle-ci est bien sûr influencée par la culture à laquelle elle appartient, parfois avec tant d’« adhérence » qu’elle ne voit plus rien du réel autrement qu’aliénée par les croyances de son groupe. C’est pourquoi, paradoxalement, vieillir peut s’avérer non pas le terrible « naufrage » dont il est souvent question, mais une fantastique opportunité pour avancer dans la réponse personnelle que nous pouvons apporter à la question « qui suis-je ? » Quoi de plus éclairant en effet, comme le suggère Perla Servan-Schreiber à 75 ans, que de pouvoir contempler les paysages traversés durant toute une vie ? Point n’est alors besoin de croire à la réincarnation pour découvrir que nous avons eu plusieurs existences ! Heureux celui ou celle qui, parvenant à dépasser les névroses et rugosités qui ont souvent entravé son chemin, réussit à faire de sa maturité une exploration de son aventure propre, à éclairer l’accomplissement de son « individuation », comme disait Carl G. Jung pour parler de ce qui fait de chacun de nous un être radicalement unique – et pourtant relié à tous les autres à travers l’espace et le temps.

Haut de page