Mettons-nous à l'école de la nature 

L’avènement de la science moderne, en théorie à partir du 17ème siècle, en pratique à partir du 19ème, constitua un formidable bond en avant de l’intelligence. Mais aussi de la bêtise, ou plutôt de l’arrogance naïve. Tels des enfants ultra fiers d’avoir compris quelque chose aux processus élémentaires qui régissent les phénomènes naturels, nous avons eu tendance à croire que nous étions non seulement à la hauteur de ces processus, mais supérieurs à eux. Et l’on a pu entendre des savants, des chercheurs, des ingénieurs se comparer sans rougir à des dieux quand ils disaient : « La nature a été une bonne base de départ… », sous-entendant qu’ils s’estimaient désormais supérieurs à cette bonne vieille maman, généreuse, mais tellement moins sophistiquée que nous. De tels propos étaient assurément d’une confondante naïveté. Les vrais scientifiques le savent : plus nous explorons la nature et réussissons à répondre aux questions qu’elle nous pose, plus de nouvelles questions surgissent. Pour chaque énigme résolue, dix nouvelles énigmes à résoudre ! Par exemple, plus nous descendons dans l’infiniment petit, plus nous découvrons que la moindre cellule vivante est largement plus complexe que le plus complexe de nos ordinateurs ! Heureusement, un nombre croissant de chercheurs, dans toutes les disciplines, de la biologie moléculaire à l’éthologie animale ou végétale et de la neuropsychologie à l’épigénétique, nous apportent à longueur d’année, semaine après semaine, des preuves époustouflantes de la sophistication de la nature. Et très souvent, ils valident ainsi des savoirs anciens, par exemple en naturopathie, que nos ancêtres mettaient en pratique avec sagesse, même s’ils n’auraient pas su expliquer rationnellement ce qui se passait sous leurs yeux ou entre leurs mains. Mais sommes-nous sûrs de vraiment le savoir nous-mêmes ? Le plus grand des professeurs sera toujours la nature !

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