La méditation prévient la sénescence 

Et si, pour aller mieux et prévenir toutes sortes de maladies, nous devions d’abord faire le vide ? Nous le savons bien, jamais l’humanité n’a autant amassé d’objets de toutes sortes. Même quand nous ne sommes pas riches, nos logis débordent de choses… dont un nombre croissant de sages nous invitent à nous débarrasser, après un tri sévère. Il en va de même de nos corps – à une époque où l’obésité devient un problème collectif, la frugalité est devenu un idéal –, et aussi de nos esprits : nous sommes sans cesse en train de courir, par nécessité mais aussi par goût. Nous ne voulons rien « rater » et profiter de tous les épisodes de cette « série » qu’est devenue notre vie au temps de la société du spectacle et des réseaux sociaux. Sans toujours nous en rendre compte, nous mettons ainsi nos santés, et donc nos vies, en danger. Faire un peu le vide dans nos existences ne peut s’avérer que salutaire. Avoir moins d’amis ou de followers sur le net, vider son agenda des rendez-vous inutiles, ne regarder ou écouter que des émissions de qualité… et finalement épurer notre conscience elle-même, voilà qui devient urgent. Il ne s’agit pas de faire quoi que ce soit. Car il faut arrêter de faire, faire, faire – et de ne pas être. C’est une notion que nous, au XXI° siècle, avons particulièrement de mal à accepter et à assimiler. Les vieux Chinois appelaient cela « wu weï », que nous traduisons par « non agir ». C’est une invitation à laisser couler la vie en nous sans intervenir. À la regarder passer à travers nous en ne nous concentrant que sur une chose : notre respiration. Rien d’autre. Il ne s’agit certainement pas de dormir, au contraire ! Mais il faut n’avoir d’autre but que d’être simplement là, présent. Cela s’appelle méditer et il est vrai qu’au début, quand on n’a pas du tout l’habitude, cela demande un effort, pour revenir sans cesse de nos préoccupations et rêveries qui reprennent le dessus, vers le simple fait de respirer, donc de vivre, d’exister. Il s’agit en quelque sorte de « muscler » notre aptitude à la présence. Et alors se produisent des choses qui nous semblent « miraculeuses » bien qu’elles soient pourtant totalement naturelles et normales, comme de freiner le vieillissement, de retrouver la santé, la vigueur, la joie de vivre, et même parfois, la capacité à guérir les autres par notre seule présence.

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