Il n'est pas interdit de se faciliter la vie 

Lâcher prise ou laisser aller ? Ce sont des notions voisines, mais sont-elles vraiment cousines ? Toutes les deux supposent la fin d’une tension, la libération d’une pression, l’abandon d’une prétention. Elles se ressemblent donc dans la phase initiale, où l’humilité oblige même les plus fiers à admettre la réalité de leurs faiblesses, de leurs dépendances, de leur aliénation. Mais le lâcher-prise vise à libérer l’individu de ses illusions pour le recentrer, alors que le laisser-aller aurait plutôt tendance à lui faire baisser les bras devant celles-ci et à le disperser. En parcourant les livres que vous propose le Club Nouvelles Clés, vous découvrirez que, chacun à sa façon, plusieurs d’entre eux vous apprennent à comprendre ce que représente réellement le lâcher-prise et comment réussir à le mettre en pratique dans votre vie. De même que le dauphin est fait pour fendre l’océan – et non mijoter dans un aquarium -, de même que l’aigle est fait pour embrasser l’azur – et non se morfondre dans une cage -, l’humain est fait pour vivre libre et assumer ses désirs. Pourtant, vous êtes sans doute, comme nous tous, emprisonné par une multitude de liens, contraintes, servitudes, obligations, dépendances, conformismes… Parmi toutes ces attaches, celles qui nous ligotent le plus ne sont pas, comme nous l’imaginons souvent, extérieures à nous. Notre vraie prison est intérieure, émotionnelle et mentale. Aussi, écoutons cette invitation simple : il nous faut retrouver l’attitude que nous avions, enfant, face au mystère de la vie. À cette époque, posez-vous la question : qu’est-ce qui ne nous apparaissait pas mystérieux ? Tout l’était ! L’immensité et la variété du monde. Les formes. Les couleurs. Les odeurs. Les motivations très étranges des adultes, leurs voix, la forme extraordinaire de leurs visages, tout, strictement tout, était fabuleusement vivant et en relief mystérieusement intense. Et si cela nous faisait parfois peur, la folle présence que cela impliquait était telle, que chaque instant avait quelque chose d’éternel. Et l’idée saugrenue qu’il aurait fallu « expliquer » tout cela ne nous effleurait pas. Nous voulions certes comprendre, mais pas réduire l’immensité de l’inconnu à quelques critères secs. Nous nagions dans le merveilleux. Nous vivions. Et en cela, nous étions de grands sages. Beaucoup plus proches de la réalité que les adultes réducteurs que nous sommes parfois devenus. Face aux mystères infinis de la vie, nous nous cabrons désormais et refusons de lâcher prise. Et si c’était cela qui nous rendait malades, stressés, rabougris ?

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